24 août 2008

Chapitre 2 : La cage des âmes égarées

Tap, tap, tap, tap.... Des millions de lumières autour d'un corps. Un vent froid glacial, et un grand pantin de bois, d'une maigreur à en rendre folle de jalousie une guêpe. Ni ciel ni terre, seulement une vaste étendue sombre, rouge foncé, comme le sang séché qu'un corps mort depuis quelques temps répand. De grands oiseaux noirs à présent, ils semblent artificiels, comme la plus part des choses des différents pays de cet univers paradoxal en tout point. Un bruit de métal à chaque instant, des gouttes tombaient, on ne sait d'où puisqu'il n'y avait ni plafond ni ciel, et après tout, peut être le haut était-il simplement le bas. Cependant, peu importe que les gouttes tombent loin du corps inerte ou sur lui , car elles revenaient tout de même en lui, comme absorbé. Une grande lumière passa, les gouttes ne tombaient plus. Et, les grands oiseaux noirs aux airs tant sinistres furent attirés pas celle-ci, comme s'il s'était agit d'un aimant. Dans les yeux sans vie du pantin articulé la peur créée par la lumière avait disparu. Un étrange bruit d'horlogerie à présent, et tout se mis à tourné, habitué la marionnette ne moufta pas. Le corps décolla dans ce qu'on pourrait appeler les airs. L'être de bois tendit alors un bras immense et fin comme une branche de saule, retenant ainsi le corps. Une larme s'échappa de son regard vide, on aurait dit, qu'un peu de la mer que contenait ses yeux voulait s'échapper. Le corps la happa. Et frémis, puis trembla, cette fois-ci le pantin le lâcha, sans doute trop effrayé. Il s'écrasa contre un semblant de sol, puis se releva avec peine.
"Euh, bon, je pense que je devrai vous souhaiter la bienvenue, donc bienvenue..
-Nightmare où est-il ? Et Tale ? Où suis-je ? Il faut, il faut, il faut que je retourne là bas je dois.....
-Ouhlah on se calme la belle ! Ici c'est le royaume des âmes perdues ou égarées, enfin vous appelez ça comme vous voulez hein. Et je sais pas comment vous êtes arrivé là mais on dirait bien qu'il vous manque une case ma jolie ! Moi j'sui qu'un pantin mais si vous voulez j'jette un p'tit coup d'oeil !
-Non, merci, dites moi simplement comment on fait pour revenir...
-Et bah ça ma mignonne tu ne croies pas que si je le savais je serai plus là !"

Sur le plancher plus aucune trace d'eau, toute l'humidité s'était évaporée de la pièce.
"Le voyage a commencé.
-Gaïa ? Gaïa ! Merde j'ai trop mal aux lèvres je peux pas parler.
-Oh, pauvre garçon des contes. Ahahah pauvre monstre, tes lèvres sont collés, ne bouge pas.Lorsque Nightmare approcha ses lèvres de celles de Tale, celui -ci se débattit autant que la fièvre te la fatigue le lui permirent.
-Non, ne crie pas surtout. Tu aimes embrasser les garçons non ? Alors que dirais-tu de m'embrasser.
Et il déposa un baiser sur ses lèvres et les lui mordit jusqu'à ce qu'elles saignent abondamment. Néanmoins, Tale ne dis rien, il sentait ses lèvres reprendre leur forme. Et puis, Nightmare, il avait quelque chose d'enivrant.
-Tu y prends gout mon beau, ça ne durera pas, tu ne sais pas encore tout ce dont je suis capable. Et ne crois pas que t'embrasser me fait plaisir ou m'en procure. Non, je fais ça pour Gaïa, il ne faut pas qu'elle me déteste pour ça.
-Espèce de monstre !
-Oh on est féroce quand on parle de celle qui croit tout savoir de nous alors qu'en fait, elle ignore tout. Et comment va ce cher Wing ? Je ne jamais compris comment il était possible qu'un monstre tel que toi soit si pitoyable et qu'un être pure comme lui puisse être si beau dans sa colère et sa soif de sang.
-Il...Les lèvres de Tale se refermèrent, complètement, comme liées par un sort. Nightmare ricana.
-Alors c'est ça hein ? Le garçon qui est soi-disant prédestiné au bonheur ! Ahahahah, mais mon pauvre chéri tu es trop beau pour que je laisse passer une telle occasion. Je n'aurai pas deux fois la chance de pouvoir de t'embrasser et profiter de ton corps de démons sans que tu puisse crier. Allons laisse toi faire, tu verra que l'envie entre monstres c'est meilleur que tous les baisers de ce cher Wing, même si j'en conviens, ils sont divins."

Une violente douleur plia en deux Gaïa qui courait partout dans l'espace à présent. Elle en tomba " à terre". Le pantin lors se précipita. Il l'avait pourtant prévenu qu'elle se fatiguerait vite à ce rythme là, qu'elle avait du perdre quelques bouts de son corps dans le passage.
"Eh bah ma belle on peut pas dire que tu sois très à l'écoute toi ! Allez va allonge toi un peu, t'as l'éternité pour repartir va, ici on ne vieillit pas, on ne change pas non plus.-Dis Noueux, quand je suis arrivée ici j'avais l'impression que je m'étais dispersée en un million de particules...
-Eh mais ouais ! C'est ça ma belle ! C'est toi alors ! Oh bah v'là autre chose, la vieille elle avait pas mentit quand elle avait dit qu'il tomberait ici une fille composée d'eau !
-Composée d'eau ?
-Ouais 'fin je crois bien que le mot exact c'était Fée d'eau.
-Ahh...ah.........."
Sa tête roula sur les genoux de Noueux. La pauvre s'était évanouit. N'empêche, c'était bizarre. Les fées savent utiliser leurs pouvoirs et voyager de monde en monde dès la naissance, alors pourquoi celle-ci avait atterrit ici. Et puis, pour une fée, elle n'avait pas à proprement parler d'ailes. A moins que...Timidement, Noueux défit le corsage de la petite, dans son dos, il n'y avait aucune trace d'ailes, seulement, il y avait deux cicatrices. Deux immenses cicatrices qui semblaient se rouvrir. Intrigué mais surtout effrayé par la réaction que pourrait avoir la nouvelle venue en se réveillant sur ses jambes avec le corsage ouvert, il s'empressant de la refermer. Et décida qu'il resterait là, à veiller sur la petite, après tout, à part ces maudits oiseaux, il n'y avait personne à des lieues.

Les larmes coulaient à torrent sur les joues pales et marbrées de rouge de Tale. Nightmare ne cessait d'entrer en contact avec sa peau, le mettant au supplice. Ses doigts étaient trop agiles, ils virevoltaient trop facilement d'une parcelle à une autre du corps frémissant du fragile garçon qui ne pouvait plus bouger. Tétanisé par la peur, les lèvres liées par le seul désir du monstre qui s'appliquait à le torturer. Chacune de ces caresses étaient à la fois un délice et un dégout, une horreur. Car malgré le plaisir que lui procuraient ces doigts des images d'une horreur rare se déversaient sous ses yeux. Et déjà il ne pouvait plus retenir des cris étouffés, il transpirait, les yeux affolés par toutes ces images qui défilaient sans fin, ne lui laissant aucun repos. Des gens tués, des fées violées puis égorgées, des femmes enlevées, des enfants effrayés, des poupées cassées, des pantins brûlés... Lorsque Nightmare osa mettre fin au supplice de la manière la plus cruelle qui soit, il mordit avec violence et rage les lèvres de Tale. Alors à la vue du sang qui coulait, il rit comme un démon qu'il était. Tale, lui failli perdre connaissance, et là douleur fut telle que toute force l'abandonna, pendant un instant son coeur cessa de battre, et ses yeux roulèrent. Mais Nightmare ne lui laissa pas cette chance, il rouvrit alors ses lèvres et l'embrassa, faisant pénétrer de l'air dans sa gorge. La brulure que cet air produisit le fit pleurer de plus belle. Il n'était pas fort. Il n'était qu'une larve, un pauvre gosse perdu, pleurer ainsi, Wing, lui n'aurai jamais pleurer, jamais il n'aurai perdu si facilement. Le film monstrueux des actes de Nightmare avait cessé de défier devant ses yeux, et il reprenait son souffle. Nightmare ricanait à présent, content de toute la souffrance et la douleur qu'il avait pu infliger à ce monstre faiblard. Malgré cette sorte de feu destructeur qui lui ravageait à présent les entrailles, le garçon éprouva un réel soulagement. Non pas que cela soit fini, non cela recommencerait surement il en était convaincu, mais ses lèvres étaient enfin séparées. Balbutiant quelques mots il défia Nightmare du regard. Et lui souri de toutes ses dents. Sa peau palit davantage, devint même presque transparente, et quatre canines semblaient grandir à vu d'œil.
"Ah, on dirait que j'ai réussi à réveiller le monstre que tu maintenait à l'intérieur depuis si longtemps.
-Oui, et d’ailleurs je t'en remercie.
-Ta voix est encore bien faible, on dirait un oisillon tombé du nid.Tale marmonna une chose alors inintelligible mais il semblait bien qu'il s'agissait de quelques paroles haineuses envers l'être longiligne. Soudain ses yeux devinrent perçants et disparurent.-Eh petit tu nous fais une crise ? Tu ne vas tout de même pas me faire croire qu'en bon vampire tu n'es pas stabilisé. A ton âge, j'avais moi déjà bien plus de carrure, oui même à trente ans à peine j'étais stabilisé et toi tu en as au moins trente sept, alors qu'attends-tu ? Montre-moi ta véritable apparence petit monstre."
Un rugissement envahit toute la pièce. Puis plus rien. La poitrine du jeune garçon semblait, comme le reste de son corps avoir subit une explosion interne qui l'aurait faire grandir. Bien plus musclé et fort qu'il y a quelques instants Tale se tenait devant Nightmare dont les yeux s'écarquillèrent quelques centièmes de secondes avant de redevenir normaux. Ceux de Tale étaient à présent réapparut, gris, d'une extrême dureté, à la place de main il avait des griffes. Ses vêtements, à présent trop étroits pour son corps monstrueux déchirés, laissaient paraitre une marque immense et rouge sur son torse. Les contours étaient indistincts et de plus les lambeaux de vêtements dissimulaient encore une partie de son être.
"Qu'il est beau dans toute son horreur pensait Nightmare. Moi même à présent je ne suis pas si monstrueux et effrayant. Je n'aurai peut être pas du le pousser à bout. Il est dangereux maintenant, il ne pourrait faire qu'une bouchée de mes pauvres os. Que j'aimerai en entendre le son, ce doit être si plaisant."
Dans un hurlement bestial Tale se démembra, écœuré par sa propre apparence. Cela faisait trop longtemps qu'il la contenait, il l'avait presque oubliée. Il n'était même pas encore stabilisé, il lui manquait du sang pour se stabiliser. Du sang de fées, voilà ce qui permettait aux vampires de se stabiliser et de contrôler leurs apparences diverses. Nightmare était fasciné, alors Tale désirait à ce point ne pas être un monstre, il était prêt à se démembrer pour l'éviter. Seulement le pauvre ne savait pas que se démembrer ne servait à rien. Des craquements sourds et étouffés firent gueuler le vampire. Ses membres se reconstituaient. Affaibli, Tale chancelait légèrement, mais ne perdait pas la face, il ne fallait pas faiblir. Nightmare s'approcha tel un chat à pas feutré et effleura le torse de Tale. Il ne broncha pas, tendit seulement le bras et l'envoya se fracasser contre le mur faisant au passage tomber une bibliothèque bien fournie. Trop d'efforts. Ce fut beaucoup trop car alors Tale s'effondra sur le sol, inerte, sous sa forme de garçon. Ce pendant la marque n'avait pas disparue, ce qui intrigua Nightmare. La sienne n'était pourtant pas apparente lorsqu'il prenait une allure plus anodine. Il l'observa de plus prêt, et après s'être figé quelques instants hurla de rire. Il aurait du s'en douter. Le prince des monstres. Il l'avait là, sous ses yeux.

"Hey bah ça y est la pauvre gamine elle se réveille !
-Qui....je.... ?
-Ouhlah bien, bah c'est super ça..... Eh la belle tu te souviens pas ?
- C'est quoi un souvenir ?
- Tu...ok, tu t'appelles comment ?
- Moi ? Je ne sais pas. Et toi, tu sais ?
- Gaïa, je crois bien que c'est ce que tu m'as dit tout à l'heure petite. Moi c'est Noueux.
- Noueux...Alors, Noueux, tu es resté là ?
- Que faire d'autre tu m'es tombée dessus.-
Je suppose que je dois te remercier. Merci. C'est quoi ici ?
- Mais t'as vraiment tout oublié ?
- Je me souviens, juste.....arg non, non ah non !
- Quoi ?Eh petite ? Oh ça va pas ?"
Tout le corps de Gaïa se convulsa sauvagement. Elle tremblait, les yeux révulsés, les mains tremblantes, ses lèvres se mouvaient sans cesse, mais aucun son ne sortait de sa bouche. Noueux était paniqué et ne sachant que faire il tenta de comprimer le corps de l'étrangère contre le sien, afin de l'empêcher de se blesser. Il se prit de violents coups, des morceaux de bois volèrent dans toute cette immensité dont l'obscurité semblait s'alourdir à chaque instant. Elle ne voyait rien. Elle était comme aveugle, elle entendait seulement les hurlements d'une femme, elle répétait sans cesse "Ma petite, ma petite où est-elle ? Et Jean, pourquoi, pourquoi est-il mort ?! Ma petite, ma petite." Un rire mesquin résonna, une voix rauque mais d'un séduisante et empreinte de charme. Elle ne comprit pas ces paroles. Elle entendait sans cesse des respirations régulières, comme celle d'un enfant qui dormirait paisiblement. Puis la voix de femme qui hurlait se tu. Et la voix qi rait se fit douce et veloutée, feutrée, comme si un chat avait parlé. "Viens ma petite Gaïa, tu vas oublier et tout ira bien, je saurai t'aimer moi, tu verra". La respiration devint de plus en plus irrégulière et puis plus rien. Le dos de Gaïa sembla produire un son de déchirement et deux énormes bulles d'eau s'élevèrent dans les airs. Alors son corps s'apaisa et cessa de se débattre. Noueux prudemment la lâcha, de grandes marques rouges parcouraient son visage d'ébène. Son corps était mutilé, peut l'importait, de toutes façons plus vite il mourrait plus vite il en aurait finit avec toutes ces histoires et ce monde sans fin. Gaïa semblait flotter dans les airs, les deux bulles tournaient autour d'elle. Son corps se tendit et la ronde infinie prit fin. La tête de Gaïa roula comme une boule neige dans une pente, tout son corps suivit. Et c'est dans cette danse d'une grâce absolue qu'elle se rapprocha d'une des deux bulles d'eau et l'embrassa. Alors elle explosa en millions de particules aqueuses qui recouvrirent ses cheveux dont la teinte rouge se forcit. Les paupières se fermèrent en douceur, la deuxième bulle vint se frotter contre et disparue en larmes. Le corps de la petite s'éleva dans les airs. Noueux se reprit enfin, après avoir contemplé cet étrange spectacle sans broncher. Il courut et hurla. Cependant cela était inaudible pour Gaïa qui semblait ne pas avoir conscience de ce qui se déroulait autour d'elle. Elle s'élevait toujours plus haut, le corps mou, ses cheveux semblaient pousser. Elle ouvrit la bouche et entama un chant mélancolique, les paroles n'existaient pas, seulement une succession de "a". A la dernière note son corps se tendit et retomba brutalement sur le pauvre pantin. C'était déjà la deuxième fois. Il espérait que cette fois elle se souviendrait de lui. Sa peau était chaude, elle brillait étrangement, elle rayonnait comme un soleil. Gaïa ne respirait pas. Lorsqu'elle ouvrit brusquement les yeux la nature reprit son cours normal. Et sa poitrine se souleva à intervalles distants. Lorsqu'elle ouvrit la bouche aucun son n'en sortit, il semblait qu'il y avait un néant en son être, un monstre qui aurait avalé sa voix. Alors elle se recroquevilla sur elle même.
"Hey, Gaïa ? Tu te souviens de moi ?
-....
Ses mains fendaient l'air affolée par l'absence de son.
-Bon, calme toi, c'est rien tu dois paniquer un peu, c'est rien. Tu te souviens de moi ?
- ....
Elle hocha la tête affirmativement. Cependant elle était toujours repliée sur elle même. Elle se redressa avec peine et tâta son dos. Le corsage l'arrêta, elle s'arracha, se retrouvant la poitrine nue devant Noueux, qui s'il avait été humain ou d'une consistance proche de celle des humains aurait sans doute rougit à l'extrême, mais le bois ne sembla même pas rosir légèrement. Dans le dos de Gaïa il aperçut comme la dernière fois les deux cicatrices, cependant elles semblaient former un dessin. Elles s'étaient étendues et serpentaient dans tout son dos. Deux lignes courbées vers l'extérieur, des arabesques...
Une fois de plus les yeux se la jolie poupée s'ouvraient sur une éternelle masse sombre, et sous sa joue, elle pu sentir les nœuds du bois. Elle ne pouvait toujours pas parler, elle ne comprenait toujours pas, ça n'avait pas de sens, rien n'avait de sens, rien ne semblait avoir de sens depuis qu'elle était petite. Les bulles d'eau, la danse, le chant envoutant d'une sirène que lui avait raconté Noueux. Cela sonnait comme les histoires qui faisaient peur aux enfants monstres, la beauté chez les monstres, n'existait que dans la souffrance et le malheur, et comme des araignées, tissait la toile, le piège qui se refermait sur des gentils humains. Il fallait qu'elle rentre maintenant qu'elle commençait à avoir moins mal. Dans son dos, elle sentait encore les deux marques s'étendre, comme le sang aurait coulé d'une plaie. Noueux senti le poids qui pesait sur son corps s'alléger, la petite se réveillait. Et avec son réveil il redoutait que de nouveaux évènements se produisent, encore une fois. Plus inquiétant encore que ceux de la veille. Néanmoins, depuis que les vibrations de son instrument vocal ne se faisaient plus entendre, rien ne s'était produit. Elle avait dormi 6 fois depuis. Cela faisait peut être 6 jours depuis alors. Même si la compagnie que lui apportait la petite n'était pas désagréable, il vivait dans la crainte et à présent il voulait que cela cesse. Sa vision de voir les choses avait changé du tout au tout. Maintenant il se demandait à quoi bon vouloir mourir, plus il vivrait et mieux se serait. Enfin la masse qui reposait sur son torse rugueux disparu. Gaïa se levait, et entamait une série de mouvements. Sa bouche s'ouvrait et se refermait, s'ouvrait et se refermait, cependant qu'elle fournissait des efforts infinis pour parler. La panique finit par ressurgir, elle savait que son seul espoir de rentrer résidait dans sa voix, et elle l'avait perdu, tout ça en échange de quoi, d'affreuses marques dans le dos qui l'affaiblissaient et une peau brillante comme un soleil. Elle s'assit brutalement à terre, et contempla son corsage en lambeaux qui masquait avec peine son corps. Des lambeaux, quel gâchis, une si belle toilette, offerte gracieusement. Tale, l'avait trouvé trop sombre, et au vue du contraste qu'offrait sa lumière de luciole cela n'était pas un mensonge effronté.

Nightmare était parti. Mademoiselle Lullaby était morte. Il avait tué quelques fées au passage. Vu le nombre Tale aurait aisément pu dire qu'il partait pour un long voyage, seulement Nightmare lui ne se nourrissait pas uniquement pour se nourrir, il était gourmand, comme tous les monstres, et il aimait voir la souffrance et le malheur. Il avait mal partout. Cette matinée ne s'annonçait pas sous les meilleurs hospices, comme les six précédentes, mais il pouvait bouger et surtout marcher sans trop de mal à présent. Nightmare devait avoir compris en voyant sa marque. Il fallait qu'il le rattrape, il avait passé trop de temps à fuir et à se cacher sous un passé vaporeux pour éviter qu'on le découvre. Le prince du mal, au pays du bonheur. Et dire qu'il était comme.....comme eux. Comme Nightmare, comme Wing. Wing ! Il était reparti voilà il y a bien longtemps maintenant, et il était certainement en train de s'amuser dans l'enfer où il était né. Nightmare, en plus de son expérience acquise avec l'âge et de sa rapidité de déplacement avait six journées d'avance sur lui et il devait déjà entendre les cris stridents et horrifiques des âmes damnées qui habitaient sa maison. Il était sans doute déjà trop tard mais il fallait essayer, il lui faudrait encore deux jours pour atteindre son but. Ce n'était pas faisable sous sa forme humaine. Mais Tale n'était pas stabilisé, et même s'il était le prince des vampires, atteindre son royaume natal en moins de deux jours en n'étant pas stabilisé, relevait de l'impossible. Il lui fallait du sang. Il le savait, et l'idée le répugnait, mais encore plus répugnant que l'idée de devoir se nourrir du sang de ses amis sans vie, l'idée de rentrer chez lui et d'affronter sa mère et sa sœur. Même en six jours le sang n'avait pas séché. Les histoires que l'on racontait sur les fées étaient donc vraies, Leur sang est tellement pur qu'il lui faut une quinzaine de jours pour sécher. Il se pencha pour lécher le sol, et dès que sa langue toucha la substance il se transforma et sentit l'affreuse vague de plaisir monter en lui, il s'écœurait lui même. Le monstre, c'était lui plus que tout autre. Enfin relevant la tête, il sentit un filet de sang dégouliner de ses dents blanches, quitte à peut être retrouvé la famille, autant être présentable, il plongea dans le lac des roses, puis en ressortant contempla son reflet. Gaïa n'aimerait pas cette apparence là. Elle est la trouverai affreuse. Elle était hideuse, réellement. Et Gaïa n'était toujours pas là, et il ne savait toujours pas comment se rendre là où elle était. Son cœur se serra et une remontée acide emplie sa gueule. Les monstres ne devaient pas avoir de tels sentiments. Il fallait l'écarter quelques temps de son esprit et se concentrer sur sa course.

"Allons, partons. " Cette phrase fut prononcée par Tale comme par Gaïa
La voix lui était revenue depuis qu'elle avait tué un oiseau mécanique et avalé le liquide qui semblait constituer son sang. Noueux était parti depuis des heures maintenant, il avait dit qu'il partait faire un peu le vide. Peu importait. Gaïa voulait chanter, il fallait chanter pour que tout recommence, mais elle était trop fatiguée et elle s'endormie, tentant de se remémorer la chanson qu'elle avait murmuré aux oreilles de Tale il y a quelques temps.
"Tu es loin mais je suis là, je te retrouverai Gaïa, et je tuerai Nightmare, tu me pardonneras, parce que je te rapporterai Wing. Oui, tu me pardonnera."
Les yeux endormis de Gaïa perçurent de la lumière et tout devint comme un puzzle qu'on détruit, tout recommença alors que dans le dos de la poupée aux cheveux flammes les marques grandissaient encore et une nouvelle se présenta sur son cœur. Une rose avec d'immenses épines. Tout ce qui suivi fut flou. Noueux avait disparu, Tale courrait toujours après Nightmare, il accélérait, et Gaïa illuminait à présent cet étrange univers, cette cage des âmes perdues, dans son sommeil résonnait encore la chanson qu’elle avait chanté à Tale pour qu’il aille mieux, les larmes de sang roulèrent encore sous ses paupières et fuyant sur ses joues, sa bouche exécutait les mêmes mouvements que quand elle chantait, mais elle ne chantait pas pourtant un son à la fois pur et brouillé semblait envahir le vide. Et tout était sourd pourtant à travers ce flou intégral et ce silence de mort un bruit de verre cassé provint de la poupée humaine, et tout se déchira silencieusement. Ce monde s’évapora, avec tous ces habitants, les oiseaux mécaniques, Noueux, le ciel renversé, tout s’évapora pendant que Gaïa disparaissait, son corps éparpillé en milliers de lucioles.

10 juil. 2008

Chapitre 1 : La balancelle de douceur

"Raconte moi, l'histoire, pour que je pense à autre chose. Raconte moi l'espoir que t'apporte toutes ces overdoses. Raconte moi ta vie, pour que je puisse la partager en parts de gâteau. Raconte moi tes sourires, que je puisse les imiter à l'infini. Raconte moi, raconte moi, raconte moi tes ennuis stupides, tes galères interminables, raconte moi l'histoire de la princesse hideuse et du prince beau comme Appolon. Raconte moi que je te fasse oublier tout ça. Je ne veux pas connaitre la fin, je veux juste te voir sourire, te voir rêver d'autre chose que d'ogres. Allez petite fille, raconte moi. Prend le temps qu'il faudra, mais raconte moi. Brode, peu à peu ton histoire passée sur un mouchoir, que tu puisses le bruler quand tu sera prête à t'en séparer.
-Et si je ne veux pas m'en séparer ? Me séparer de mon histoire, me séparer de l'ogre, de Nightmare, des monstres aux yeux rouges sangs tellement facinants....c'est contraire à tout ce en quoi je crois !
-C'est bien, il est important de ne pas oublier, mais celà ne veut pas dire que tu ne peux pas faire le tri et te séparer de tout ça.
-Mais, Mademoiselle Lullaby, Nightmare voulait que je sois heureuse, mais dans la maison de poupée, je l'étais.
-Lullaby suffira à présent. Et non, ma petite Gaïa, dans la maison de poupée tu étais en sécurité, ce n'est pas pareil. Dans la maison de poupée tu connaissais tous les monstres, les ogres, les cauchemards, les drogués...Ici tu...
-Ici je n'aime pas. Ici ça sent les fruit et le sucre. J'aime bien les fruits et le sucre, mais là c'est trop. Et puis c'est quoi toutes ces choses qui brillent si fort et qui m'aveuglent ? Pourquoi le ciel est bleu ? Pourquoi l'herbe n'est pas morte ? Pourquoi on n'entend pas des cris d'enfants ? Pourquoi tout le monde est-il si humain ici ?
-Parce que c'est un peu un royaume de rêve, pour faire rêver il faut tout ça. Des fruits, du sucre, de l'herbe verte, du soleil chaud, des rires... Mais tu ne connais pas tout ça hein ?
-Nightmare m'en a parlé. Mais je n'en ai jamais eu ou éprouvé.
-Tu sais, Nightmare n'a pas toujours été le prince des cauchemards et de la nuit. Avant il était comme nous. Il était humain, beau, intelligent....Comme toi petite poupée. Mais lui n'était pas de porcelaine, il était de chiffon. Il était moins fragile que toi. Mais comme toi, il aimait les monstres, la noirceur, et il a fini par s'éprendre d'un ogre. Alors il est devenu sombre à force de l'aimer. Et puis il est devenu Nightmare tel que tu le connais. Un roi à l'apparence monstrueuse, mais aimant.
-Nightmare n'est pas méchant, moi je l'aime ! Et puis il m'a dit de venir vous voir parce qu'il veut que je sois heureuse. Mais je ne le serai jamais ici !
-Petite Gaïa, attends un peu. Je vais te trouver un compagnon de jeux.
-Mais j'en veux pas ! Je veux juste revoir Nightmare et retrouver mon ogre et puis...
-Vous m'avez demandé Mademoiselle ?
-Oui, merci d'être venu Tale. Peux tu t'occuper de Gaïa?
-Qui donc ?
-Eh je suis là ! Vous voyez, il ne me voit même pas !
-C'est normal, ici nous ne voyons que les gens heureux. Tiens, porte donc cette fleur de nénuphare en attendant
-Oh, mais Mademoiselle, c'est une, une ....
-Je sais, Nightmare nous l'envoie. Il veut la rendre heureuse.
-Mademoiselle je veux bien accepter la mission que vous me confiez, mais elle est de porcelaine, comment ne pas la briser ?
-Tu trouvera, Tale, comme toujours. Va maintenant. Trouve lui une chambre à sa guise. "

Tale bien que rétissant entreprit alors de débarasser la petite fille de son sac. Celle ci refusa, elle ne voulait pas lui donner, il était sale, elle avait fait tout le chemin à pied, et dehors, entre la maison de poupées et la balancelle de douceur s'étendait une mare de boue. La petite était tombée dedans, salissant ses affaires.
"Alors, donc, tu t'appelles .... Gaïa c'est ça ?
-Oui, Nightmare m'appelais toujours comme ça....
-Gaïa, l'enfant de la terre et de l'eau, dont le parfum est entêtant et étouffant plus que tout autre.
-C'est joli Gaïa. Moi c'est Tale.
-Tale ?
-Tale, fils des mots, musicien des lettres. Il parait que grâce à mon nom je rends toute fin heureuse
-Ah, je vois.....
-Ca ne va pas ?
-Nightmare me disait souvent qu'il n'aimait pas les fins heureuses. Celles où les méchants sont punis et les gentils récompensés...
-Ah voilà, je ne sais pas si cette chambre te conviendra...."
Tale alors, avec ses allures de gringalet charmant s'empara de deux portes immenses entièrement blanche et les ouvrit. Alors, lorsque Tale posa un pied sur le parquet propre et ciré, tout s'illumina d'un coup, et les murs se recouvrirent d'une épaisse végétation teintée de merveilleuses nuances de vert. Gaïa ôta ses chaussures boueuses et mit un pied dans la pièce d'une luminosité aveuglante. Brusquement, la pièce s'assombrit, les murs se revêtirent de velours marine parsemmé d'étoiles. La jeune poupée, impressionnée ne put qu'ouvrir de grands yeux. Tandis que Tale, amusé et attendrit lui conta que cette chambre était la chambre aux envies, et que selon ce dont les occupants avaient envie, les murs et le plafond changeaient.
"Pourquoi voulais-tu voir les étoiles ?
-Parce que demain, je serai plus vieille. Parce que demain sera un jour spécial tout en étant ordinaire. Parce que demain, c'est le jour de ma première ouverture des yeux, le jour où les premiers sons sont sortis de mes lèvres...
-Vraiment ?
-Vraiment...et Nightmare ne sera pas là. Je vais interroger les étoiles pour savoir s'il va bien.
-Tu sais faire ça ? Mais, seules les....
-....alors Tale, notre petite Gaïa trouve t'elle la chambre à son gout ?
-Oui, elle est bien. Merci Lullaby, pardonnez moi, mais je voudrai interroger les étoiles.
-Fais donc ma belle. Tale, fais lui visiter la balancelle et trouve lui de quoi ammeubler sa chambre et des vêtements.
-Bien Mademoiselle. On peut y aller Gaïa ?
-Oui, les étoiles ont dit que Nightmare allait bien, que son voyage lui faisait du bien."
Tale ne voulut pas en savoir d'avantage, tout ceci était bien trop étrange. Seules quelques personnes pouvaient interroger les étoiles, et jamais il n'avait vu un changement si soudain dans la chambre, c'était comme si tout s'accélèrait avec la présence de cette fragile poupée.
Chemin faisant Gaïa sortait peu à peu de sa torpeur et posait des questions à propos de diverses choses. Tale lui répondait, en se montrant le plus poli possible avec une jeune poupée de porcelaine sortie tout droit de la maison cauchemardesque de Nightmare. Tale n'avait pas eu le temps de terminer sa phrase, pourtant elle restait en suspens dans sa tête. Comment une poupée de porcelaine boueuse pouvait-elle parler aux étoiles ? Et puis, des quelques hôtes venant du Royaume sombre aux arbres tordus, aucun n'avait jamais pus produire un si beau ciel étoilé, lui même n'avait jamais réussi. Gaïa semblait avoir en elle une pureté d'enfant malgré son séjour aux enfers malsains. Tale se promis de faire des recherches dans le Stardust Memories : les étoiles savent toujours plus d choses et tout le monde peut communiquer avec la poussière d'étoile.
"Euh Tale !
-Oui ?
-C'est quoi cette drole de chose sur votre main ?
-Ah, ce n'est....pas grand chose.
-Pardon, je suis désolée, ça ne me regardait pas. C'est juste que....
-C'est une brûlure de mensonge. Un jour je suis tombé dans le Feu des Entrailles, j'y ai rencontré une jeune fille. Je l'ai aimé, elle m'a fait croire qu'elle m'appréciait aussi. Puis elle m'a embrassé la main, et son mensonge m'a causé une brûlure....
-Je....Ca vous fait toujours ça quand on ment ?
-Oui. Et toi, c'est cette marque au dessus de ta poitrine ?
-Ca ? C'est juste.......l'ogre.
-L'ogre ?"
Gaïa se mit à sanglotter. L'ogre lui manquait tellement. Pourquoi ne pouvait-elle jamais le voir ? Pourquoi lorsqu'elle l'avait vu l'espace de quelques infimes secondes il l'avait griffé de ses longs ongles, laissant comme une vague, ou peut être un arbre sur sa poitrine ? Tale, ne sachant quoi faire (après tout, ici les gens ne pleuraient que de bonheur) ne pus que prendre sa main dans la sienne, et lui dire "Ne t'en fait pas, je suis là, et je m'en irai pas." Gaïa pleura de plus belle, une larme tomba sur la brûlure de Tale. Projettant des feux d'artifices de tous côtés. Un morceau de la tache violette disparut, à l'endroit où la larme était tombée. Mais Tale n'eut pas le temps de montrer son étonnement, car des cris hystériques et des rires retentissaient derrière eux, et Gaïa qui pleurait encore, semblait ne rien avoir vu, sans doute à cause des larmes pourpres qui emplissaient ses yeux.
"Tale ! Tale ! Pourquoi t'étais pas avec nous au jardin des melons ?
-Bah....
-Ah, pardon, je ne t'avais pas vu. Ca ne va pas ? Tu veux un mouchoir ? Comment tu t'appelles ?
-Mademoiselle Lullaby m'a demandé de m'occuper de Gaïa, c'est la protégée de Nightmare, elle vient de la maison de poupées. Apparemment Nightmare voulait qu'elle soit heureuse, alors il nous l'a envoyé ici.
-Enchanté, je m'appelle Wing. Tiens, prends donc ce mouchoir, ça n'a pas l'air d'aller.
-Non, je ne voudrai pas le salir.
-Ahahahah alors là, tu sais pourquoi je m'appelle Wing ? Parce que je suis le magicien des ailes."
Alors le mouchoir d'un blanc immaculé pris forme et se mis à voleter. Il s'approcha des joues de la poupée et les essuya en douceur d'un battement d'aile. Les larmes pourpres se répandirent sur les ailes en des grandes arabesques. Wing, après avoir salué gracieusement Tale et Gaïa pris congé, et s'envola avec ses grandes ailes blanches. Les deux enfants reprirent leur marche silencieuse. Enfin ils arrivèrent chez les fées ouvrières. Celles-ci voyant rentrer dans leur demeure une poupée de porcelaine boueuse entreprirent de la chasser. Une fois Tale apparut, elles se turent et s'activèrent, ouvrirent tous les tiroirs. Elles tirèrent Gaïa au milieu de la pièce. La fée grise agita sa baguette et une dizaine d'ensembles aux couleurs ternes se précipitèrent sur notre poupée. Finalement ses vêtements sales disparurent en fumée, à la place une robe bordeau ornée de dentelles noires lui enserrait la taille. En revenant dans le corridor des chambres, Tale portait toutes les robes de Gaïa, qui admirait toujours sa tenue, n'en revenant pas. Tale lui demanda de penser très fort à ce qu'elle voulait comme meubles. Alors, lorsqu'elle entra dans sa nouvelle chambre, elle trouva Wing, le grand blond avec ses ailes d'ange blanches déposer soigneusement les meubles qu'elle avait vu en imagination. Gaïa semblait enfin prendre conscience de ce qui l'entourait. De Mademoiselle Lullaby qui venait d'arriver, avec ses longs cheveux blonds et scintillant. De Wing, à la crinière blonde comme les blés, avec ses yeux verts incroyablement beaux. D'une dizaine de fées rouquines, de nombreux papillons aux ailes translucides qui portaient les meubles.De Tale, dont le pas était sûr malgré la montagne de vêtements qu'il portait. Tale avec ses cheveux en bataille, ses cheveux étrangement sombres, ici tout le monde avait les cheveux clairs... Ses yeux gris....Nightmare disait que seuls les habitants du Royaume sombre aux arbres tordus portaient les yeux comme les ciels d'orage et les cheveux comme les arbres morts. Gaïa elle même avait les cheveux bruns et emmêlés, pourtant il est vrai que ses yeux étaient étranges. L'un était vert, l'autre marron. A l'image de son prénom, en communion avec l'eau et la terre car pour que l'herbe soit verte l'eau doit être abondante et pour que la terre soit marron l'eau devait ruisseler.
Lullaby entraina Tale et Wing au dehors. La nuit était tombée depuis bien longtemps. Ici le temps passait plus vite que dans la maison de poupées. L'aube se levait. Lorsqu'ils entrèrent à nouveau dans la chambre ils découvrirent un décors envoutant. Partout des perles brillantes, aux couleurs ternes, des cadres avec des peintures en noirs et blancs, des photos, des sculptures aux formes tordues, des meubles noirs et ébènes, des voiles noirs et gris pendaient aux fenêtres et des lumières bordeaux étincellaient aux quatre coins de la pièce. Mademoiselle Lullaby s'avança vers Gaïa, frémit, murmura quelques most incompréhensibles puis formula une sorte de prophétie étrange, tout en dansant autour de la poupée.
"Les portes s'ouvrent, les esprits aussi. Bientôt viendra le temps des vérités, le temps des aveux. Alors les ogres recracheront les enfants, les fées feront danser les étoiles, des cauchemards ne dureront que pour se terminer en rêves. Alors une nymphe naitra et en même temps son ogre se dévoilera. Alors ces deux enfants issus de mondes différents pourront s'aimer et faire naitre la confiance. Alors le malheur s'en ira doucement, les monstres seront à nouveau aimés. Et les enfants du malheur partageront leur malédiction avec les enfants du bonheur, comme la nymphe et l'ogre."
La maitresse des lieux se réveilla d'un coup. Elle sourit alors à Gaïa, puis d'un sourire "Ma petite poupée, tu as beau être de porcelaine, tu vas évoluer, ça a déjà commencé, même dans la maison de Nightmare tu as évolué. Les choses n'arrivent pas sans raison, même si on n'en comprend pas le sens et que celà dépasse l'entendement.

Après avoir un peu danser avec Wing, qui s'amusait à la faire plâner dans les airs grâce à ses grandes ailes blanches majestueuses, Gaïa avait un peu parlé avec Tale.
"Gaïa ?
-Oui, répondit-elle essoufflée de sa danse et d'avoir essayé de s'envoler, ce qui était totalement inutile puisque les poupée de porcelaine de volent pas
-Dis, c'est qui cet ogre ?
-C'est....je n'aurai jamais dû, pourtant je le savais bien que.....
-Calme toi, prends ton temps d'accord ?
-Je suis amoureuse de l'ogre qui vit dans les bois à côté de la maison de poupée. Une fois je suis allée le voir, pour qu'il me mange. Mais il m'a griffé et ces traces n'ont pas disparu. Et, et je l'aime encore plus aujourd'hui. Les autres poupées étaient méchantes avec moi. Elles allaient souvent voir l'ogre, souvent il n'en revenait que quelques unes qui disparaissaient plus tard dans son ventre. Et puis Lullaby tout à l'heure a parlé de l'ogre et de la nymphe....L'ogre, si jamais c'est lui...je veux retrouver cette nymphe là et la tuer.
-Amoureuse d'un ogre ? Mais, les monstres pourtant, enfin, je veux dire, comment pouvais-tu vouloir qu'il te mange ? Les ogres sont méchants, viles, gloutons, menteurs.
-C'est justement pour ça que je l'aime. Il est sombre, mais juste parce que personne ne veut de lui. Il a dans ses yeux un orage permanant. Comme toi. Je n'avais jamais vu de tels yeux, même dans le Royaume sombre et aux arbres tordus, Nightmare disait pourtant que seuls les gens de mon royaume pouvaient avoir de tels yeux. Et Nightmare ne m'aurait pas menti. Et tes cheveux aussi, et ta cicatrice, ici tout le monde a les cheveux clairs, les tiens sont presque noirs, et personne ne possède de marque. Et puis pourquoi quand j'ai pleuré dessus elle s'est un peu effacée ? Et pourquoi je devrai changer et vivre loin de Nightmare ? Plus loin que jamais de mon monde et de l'ogre ?
-Et toi ! Pourquoi est-ce que tes cheveux changent de couleurs aux pointes et au soleil ? Pourquoi prennent-ils des reflets roux foncés ? Et pourquoi tes yeux ne sont-ils pas de la même couleur ? Tale aggacé s'emportait, personne dans ce bout de monde qu'était la balancelle de douceur ne s'était jamais emporté ainsi.
-Je....je ne sais pas ! Et puis, et puis, Wing est bien plus gentil que toi ! Et je veux encore aller danser avec lui, parce que ses dances ont quelques choses qui me rappellent les danses de la maison de poupées ! Toi, toi tu ne danses même pas ! Tu ne ris pas, je te vois à peine sourire, je croyais qu'ici tout le monde était heureux ! Je sais que Nightmare voulait que je sois comme vous heureuse, mais je ne pourrai pas, parce que je ne veux pas !"
Gaïa se leva, vacilla, et s'effondra sur elle même, comme une poupée désarticulée. Des larmes couleur sang coulaient de ses joues. Tale l'a rattrapa maladroitement. Essuya les larmes d'un revers de sa main, à nouveau les brulures disparurent. La pièce était à nouveau sombre, tout le monde avait disparu, ne restaient que Tale, Wing, Lullaby et Gaïa, évanouie dans les ailes de Wing qui l'a portait à son lit. Tale en profita pour parler des larmes pourpres, de la tristesse et de la colère de Gaïa, de sa brûlure qui disparaissait. "Seule la sincérité d'une âme encore pure et donc fragile peut réparer les dégats causés par le mensonge." Ce fut là, la seule réponse qu'il put obtenir.
Plus tard, lorsque Tale retourna dans sa chambre, il retourna tout ce qui se passait dans sa tête. Sa brûlure qui disparaissait, les yeux et les cheveux de Gaïa, sa cicatrice qui semblait former à la fois un arbre et une vague. Mais surtout, Lullaby, et la mission qu'elle lui avait confié. "Tale, tu veillera sur Gaïa, elle devra s'ouvrir à toi, tu deviendra son confident, elle peut avoir des réactions violentes, au moindre excès se blesser et s'évanouir. Il faut qu'elle sorte toute cette rage qu'elle contient dans son coeur. Quant à toi Wing, il faut qu'elle tombe amoureuse de toi, tu es un séducteur, toutes les filles t'aiment, les fées se mettent en quatre pour satisfaire tes moindres désirs. Gaïa devra t'aimer pour oublier celui qu'elle nomme "Ogre". Elle a déjà commencé à se transformer, ses yeux s'éclaircissent, et elle s'est déjà ouverte à Tale. Tu vois mon petit, je t'avais dit que tu saurai t'y prendre avec elle. Wing fais la rire et rêver, et toi Tale il faut qu'elle te dise tout. Il faut qu'elle pleure, qu'elle crie, qu'elle se fasse mal."
Pourquoi ? Pourquoi avoir demandé tout ça ? Et puis, Gaïa n'était pas idiote, elle avait bien dû remarquer que les cheveux foncés de Tale et ses yeux gris n'étaient pas qu'un simple costume destiné à la faire se sentir comme chez elle, et à la faire parler. Lorsque Gaïa était tombée, elle aurait dû se briser un bras. Tale n'avait pas été assez rapide. Pourtant, rien ne s'était cassé, elle n'avais pas une éraflure. Tale aurait voulu rester auprès d'elle, mais il savait très bien que c'était à Wing de jouer les princes charmants talentueux et séducteurs. Wing avait beau être un de ses amis proches, il était, et il le savait, un dom juan. Nombre de fées et d'anges étaient déchues par sa faute. Il s'amuse avec les gens. Tale, lui, s'arrangeait pour recoller les morceaux quand il le pouvait. Ces deux jours passés avec Gaïa avaient été éprouvants. Il s'effondra sur son lit, et pour la première fois de sa vie de jeune homme connu la signification du mot cauchemard. Pourtant à son réveil, il se sentit léger, sa cicatrice avait disparue. Et on frappait mélodieusement à sa porte. Mais il savait, que son cauchemard ne s'en irait pas comme ça. Une grande maison noire, des mares de boues, une forêt sombre, une silhouette squelettique aux mains crochus et aux ongles aiguisés, des cris, du sang, des larmes. Un trou de renard, et à la sortie une lumière aveuglante, des corps entrelacés sur le sol, des respirations qui se taisaient. Une petite fille qui criait pour que son père et sa mère reviennent. La petite fille s'était lui. Elle avait de beaux cheveux rouxs et de grands yeux verts...Et puis, dans un coin, une ombre. Cornue, élégante, svelte, un sourire charmeur. "Bonjour petite, je m'appelle Nightmare."
Tip top tip tap top....
"Oui, une minute. Gaïa rassemblait peu à peu ses esprits. Sa tête semblait abriter un hippopotamme.
-Oh pardon Gaïa, je te réveille, je suis désolé, je me demandais simplement comment tu allais.
-Je....ça va merci d'être passé.
-Euh tu es sûre ? Parce que tu as une mine épouvantable, viens je vais aller te chercher quelque chose.
-Non, merci je vais très bien. Je vais juste retourner me coucher."
Et la porte claqua. Wing se retrouva ébêté devant la grande double porte. Un ciel d'orage crachant des éclairs sur des objets difformes avait pris la place du ciel étoilé. Gaïa semblait en colère. Wing s'emporta. On ne lui avait jamais fait une chose pareil ! Une damoiselle en plus ! Mais non bien sur, ce n'était qu'une stupide poupée. Blessé dans son égo surdimensionné il tourna les talons après avoir donné de violents coups de pieds dans le mur.
Au même instant, dans le jardin des melons, Mademoiselle Lullaby buvait sa liqueur de rose matinale. Tale, le visage défait arrivait lentement, se prenant les pieds dans les herbes hautes et la végétation abondante du lieu.
"Mademoiselle, vous m'avez demandé ?
-Que s'est-il passé cette nuit ? Et hier ?-
Je....rien, j'ai vu des images, elles n'avaient aucun sens.
-Tu as fait un cauchemard ?
-Je crois.
-Alors c'est vrai....les cauchemards et les souvenirs se transmettent à la lueur des étoiles.
-Pardon ?
-Rien d'important. Alors notre petite poupée se sent-elle à son aise ?
-D'après ce que j'ai pu comprendre non. Elle est apparemment sous le charme d'un ogre qu'elle a rencontré une fois. Mais je me demande, quelle était cette étrange histoire que vous nous avez contée hier ?
-Une prophétie, un avenir probable disons. Un cadeau pour le seizième anniversaire d'une poupée désarticulée.
-Mademoiselle je voudrai voir Wing, savez vous où il se trouve ? Il n'était pas dans sa chambre, ni dans le hamac au dessus de l'étang aux songes.
-Je l'ai envoyé chez Gaïa. Après tout il doit la séduire avant ses 17 ans. A l'heure qu'il est peut être sont-ils déjà en train de lier un bout de leur avenir. Tu ne crois pas ?
-Surement. Bien excusez moi, je vous laisse."
Tale bouillonait de rage. Sa tête le lançait sauvagement. Il n'avait jamais fait de cauchemard, et il était reconnaissant envers Paillette d'être venu le tirer de ses mauvais songes. Il marcha longtemps, gravit les escaliers, passa les ponts de lierre et de poussière. Puis s'arrêta face à un mur. Une trace de main ensanglantée y était inscrite. Le sang dégoulinait encore. Quelqu'un avait du se blesser. Suivant les gouttes de sang sur le sol il s'arrêta devant une grande porte blanche en forme d'ailes. La maison de Wing. Effrayé à l'idée que son ami puisse être mort à l'intérieur il tambourinna. Quelques instants plus tard, un Wing aux ailes blessées et au poing sanguinolant lui ouvrit.
"Wing ! Mais qu'est ce qui s'est passé ? Tu t'es battu ? Où sont-ils ? C'est encore cet imbécile de Cloud ?
-Mais non idiot allez entre. C'est à cause Gaïa.
-Quoi tu t'es battus avec elle ? Elle t'as agressé ?
-Et tu crois réellement qu'une pauvre pourpée de porcelaine aurait pu me causer pareils dégats ? Tu es vraiment bête mon pauvre.
-Excuse moi, attend donne moi cette eau de source je vais m'occuper de ta main. Raconte moi un peu ce qui s'est passé.
-Cette petite garce a refusé que je lui parle . Je suis arrivé, frais, gallant, je lui ai demandé de ses nouvelles et elle, elle m'a claqué la porte au nez ! Tu te rends compte, me faire ça à moi ! Une gamine, une saleté de poupée que je pourrai broyer d'une pichenette à peine ! Alors j'ai juste un peu perdu mon sang froid, j'ai cogné un peu fort dans le mur voilà tout.
-Et tes ailes ?
-J'ai essayé de te trouver, tu ne répondais pas, tu n'étais pas dans ta chambre. Ce qui m'a mis hors de moi parce que j'ai cru que tu m'évitais. Depuis qu'elle est arrivée cette chose compte plus que moi à tes yeux !
-Ne dis pas ça ! Ce n'est pas une chose. Il faut la concidérée comme une personne. Elle n'a pas vécu que de bons moments comme toi et moi.
-Je te déteste tu le sais ça. Et elle aussi. Mais je dois lui faire croire que je l'aime. Me montrer charmant avec elle, lui faire voir le septième ciel avant de la lâcher pour qu'elle s'écrase au sol.
-Mais je croyais qu'il fallait que tu la rendes heureuse. Que tu lui apportes de la joie et de la sécurité.
-Je vois que Lullaby me préfère à toi. C'est pour ça qu'elle ne me donne pas le rôle de larbin au service de cette punaise.
-Arrête !
-Je voudrai la tuer. Heureusement que tu es là toi. Tale, je t'aime, je t'aime tellement.
Tale fut parcouru d'un frisson et lorsque Wing lui toucha la joue celle-ci se craquela.
-Ne me touche pas ! Pourquoi tu joues à ce jeu là avec moi ! Oui je t'aime Wing, oui c'est vrai. Oui c'est vrai que je n'en ai pas le droit mais je le fais quand même. Mais toi pourquoi prends-tu un tel plaisir à me mentir à me dire que tu m'aimes, à me toucher comme tu le fais, comme le soleil caresse un tournesol ?!
-Attends un peu pourquoi ta joue s'est craquée ? Et puis je ne mens pas, je t'aime vraiment. Tale tu ne me crois pas ?
Lorsque Wing effleura les lèvres de Tale avec les siennes, il senti la fine bouche qu'il embrassait se liquéfier. Tale repoussa violemment Wing, des larmes de colère et de désespoir coulaient à présent sur ses joues. Péniblement, il réussit à murmurer malgré ses lèvres collées.
"Pourquoi je sais quand tu me mens ? Pourquoi ma joue se craque lorsque tu la caresses ? Pourquoi mes lèvres fondent lorsque tu les embrasses ? Parce que c'est ainsi quand on me ment. Je suis puni quand on me ment. C'est ainsi. Alors fais moi plaisir Wing, cesse de jouer avec moi, comme tu l'as fait avec Paquerette, avec Paillette, avec Lys et Rose parce que moi, je sais que tes caresses sont fausses."
Alors Tale sortit en courant. De grosses larmes pourpres coulant toujours sur ses joues.

Wing, ébêté, se retrouva seul dans sa chambre, assis sur son lit, la main trempant encore dans le liquide purifiant où il y a quelques instants encore baignait la chaude main de Tale. Wing fut pris d'un violent haut-le-coeur. Ainsi donc, Tale savait que Wing ne l'aimait pas. Alors pourquoi se laissait-il faire quand il le touchait, quand il l'embrassait, quand il le prenait par la main. Il devait avoir mal. L'imbécile l'aimait donc à un tel point qu'il préférait souffrir tout en sentant ses mains que de ne rien sentir sur son maigre corps. Wing se dégouttait lui même, mais en même temps, quelque chose de plus fort le tenait. Un certain plaisir l'empêchait de se maudire. Ses lèvres étaient rouges, dégoulinaient. Tale ne serait pas si facile à avoir. Néanmoins il ne parlerait pas. Avec ses lèvres meurtrient et son amour fou pour lui, Wing était en sécurité. Il se leva lentement. Ouvrit un petit coffret et s'empara d'une fiole translucide contenant un liquide visqueux et rouge vif. Il le but avec délectation. Ces ailes, erraflées, se reconstituèrent comme pansées par un être inconnu, sa main se recouvrit de peau. Wing fouilla le coffre. Il ne restait que 2 fioles. Il attrapa alors un petit sac qu'il jetta sur son épaule comme une baluchon. Ce geste provaqua un cliquetis christallin. Wing déploya ses ailes et dans un sourire éclatant s'envola.
Gaïa avait mal à la tête. Elle tremblait de tout son être, avait le teint plus pâle encore que d'ordinaire, ses jambes ne la portaient plus. Elles rempa jusqu'à la porte, pleurant et tentant désespérement de crier, mais la voix au fond de sa gorge semblait vouloir se taire à jamais. Lorsqu'elle l'ouvrit, elle vit juste deux pieds, nus, blancs, une belle silhouette, et une main qui se tendait vers elle. Cette main la souleva. La silhouette s'épaissit en portant dans ses bras le corps de la frêle poupée. Un nuage passa devant le soleil éclatant, et lorsqu'il fut passé, la silhouette avait disparu.
Tale n'avait cessé de courir depuis son départ de la chambre de Wing. Les larmes qui coulaient sur ses joues ne guérissiaent pas les profondes fissures de sa joue et elle ne décollaient pas non plus ses lèvres. Tale ne pouvait hurler. Alors il se souvint de l'effet qu'avait produit sur sa cicatrice les larmes de Gaïa. Après tout pourquoi pas. Il courut alors jusqu'à sa chambre. Déserte, la porte ouverte. Une plume brillait au soleil réapparut de derrière un nuage. Il regarda alors le ciel. Une silhouette volait maladroitement vers le parc des roses. Tale ne se maitrisait plus, il reprit sa course et gravit les escaliers de fumée aussi vite qu'il le put. Toute haine avait disparut. Seule la peur de perdre Wing le tiraillait. Gaïa pouvait partir, ce n'était pas grave. Il pouvait ne jamais retrouver la parole, peu l'importait. Mais Wing, s'il prenait l'étoile filante reliant le parc des roses à la forêt des êtres de lumières, il ne pourrait pas le suivre. Tale ne pouvait y poser les pieds, parce qu'il n'était pas pur. Gaïa ne pourrait y aller non plus, à moins d'être morte. Arrivé devant les grilles du parc des roses il trébucha sur une pierre qu'il n'avait pas vu, le sol baignait dans la brume et les seuls oiseaux qui osaient chanter dans cette atmosphère qui aurait fait perdre un point noir à une coccinelle étaient des corbeaux. Se relevant, Tale apperçut une ombre ailée qui se tenait au bord de la mare aux nénuphares. La rejoingnant, il la vit s'agenouiller et boire. Ses ailes grandirent. Alors elle sortit d'un sac de petits flacons de verre qu'elle remplit avec l'eau de la mare. Tale se rapprocha et plissa les yeux, il faisait froid et la brume gagnait tout le paysage. Enfin il aperçut clairement les traits du visage de Wing, le menton dégoulinant, les dents pointues rougies par le liquide qu'il buvait. Tale marcha sur une branche qui produisit un craquement sonore. Wing se retourna vers Tale, le regarda impassible, sourit, rangea ses flacons et d'une main teinte de rouge désigna la petite île sur laquelle était étendue un corps inerte. Il y eu un bruissement d'ailes suivit d'une douce mélodie. Wing venait de s'enfuir vers la foret des êtres de lumière.
Tale, les yeux vides, regarda autour de lui. Au milieu de la mare le corps ne bougeait toujours pas. Il n'avait pas vu Gaïa. La brume disparut totalement peu après le départ de l'ange au sourire. Alors il put voir des millions de choses. Au milieu de la mare c'était elle, d'une paleur extrême, la gorge rouge vive. La mare était emplie de sang, et par endroit on distinguait des couronnes de paquerettes, des paillettes dorées qui scintillaient, des lys d'un violet qui jurait avec le pourpre de la mare, et des pétales de roses disséminés aux quatre coins de la mare. Tale nagea alors avec hate jusqu'à sa petite poupée. S'emmelant dans ce qu'il pensait être des algues, mais qui n'étaient autre que des cheveux de jeunes filles. Arrivé sur l'île sa joue n'était plus parcourue de fissures, cependant ses lèvres demeuraient douloureusement jointes. Gaïa, elle, était chaude. Etrangement chaude. Sa gorge était percée de deux trous béants d'où coulait un sang plus vif et brillant que celui qui tapissait la mare. Alors Tale comprit. Wing, n'était pas un ange, mais un démon. Il se nourissait du malheur et du sang des innocents. Le teint de Gaïa était extraordinairement coloré. Tale frappa du point, s'arracha les cheveux. Si seulement. Si seulement il pouvait ouvrir la bouche, il aurait appelé de l'aide. Si seulement il ne s'était pas laissé embrassé et embobiné par ce monstre. Si il avait ouvert les yeux plus tôt. S'il n'avait pas aimé comme ça. Il prit dans ses bras le corps brulant de la poupée. Pleurant ses amies mortes, et maintenant sa nouvelle confidente forcée aussi. Il pensait qu'il n'en n'aurait rien à faire d'elle. A peine une petite poupée, juste une pauvre gamine issue du pays des monstres. Mais finalement le monstre ce n'était pas elle. Il voulait qu'elle revienne, puisqu'il n'avait pu sauver les autres, il voulait au moins la sauver elle. Mais que pouvait-il lui, pauvre garçon avec qui tout finissait mal ? Jusqu'à présent tout s'arrangeait avec lui, toutes les fins étaient heureuses, mais maintenant. Maintenant qu'il avait embrassé un ange déchu, il ne valait plus rien.

La brume se levait, les nuages étaient portés par un doux vent parfumé et Tale serrait le corps de Gaïa entre ses frêles bras. Des larmes dégoulinaient le long de ses joues. Le nez dans les cheveux de poupée, il les trouva étonnement doux. Ils sentaient bon, on aurait dit un parfum de fruits. Elle était chaude. Sa peau semblait douce et était parcourue de frissons. Elle avait la chair de poule. Pourtant les poupées ne peuventa voir tout celà. Surtout les poupées de porcelaine. Quelque chose frappait dans le corps sans vie. Un battement régulier se fit sentir contre la poitrine de Tale. Celui ci alors, y colla son oreille. On aurait dit un coeur. Soudain Gaïa inspira dans un râle. Sa poitrine se souleva, puis retomba. Maintenant elle se soulevait et retombait à un rythme régulier. Tale n'en croyait pas ses yeux.
Il sanglotait à tel point qu'il en avait le souffle court. Pour toute réponse à ses pleurs elle ouvrit les yeux. Empli d'une étrange lumière. Alors, comme dans un conte de fées, il lui releva lentement la tête, et celle ci sembla soudainement beaucoup plus lourde. Elle pleura, de vraies larmes. Ses cheveux étaient à présent soyeux, sa peau douce, ses yeux avaient pris une teinte plus naturelle, ses joues avaient perdus ce rouge artificiel que l'on donne aux joues de poupées, ses lèvres n'étaient plus d'une régularité incroyable.
"Tale...j'ai....j'ai mal dans la poitrine ça cogne fort, c'est lourd, et puis j'ai chaud...
Tale, pourquoi j'ai du sang sur moi ? Et, et pourquoi j'entends des pleurs de filles, et des hurlements, et un ricanement, comme celui d'un monstre ?
-........
Tale ne pus que la prendre dans les bras et lui cacher les yeux. Il fallait qu'il traverse à nouveau la mare de sang, mais avec Gaïa dans les bras. Il pria. La porta et marcha dans le sang, mais glissa et retomba.
Tale ne pouvait toujours pas parler, alors Gaïa lui fit embrasser ses yeux où subsitaient quelques larmes, mais les lèvres ne se reformèrent que partiellement. Cependant c'était assez pour qu'il puisse dire quelques mots.
"Tu sais, dans la forêt où l'ogre habitait il y avait toujours plein de sang, et puis ce n'est pas la première fois que je voie des gens morts qui baignent dans le sang.
-Tes parents ?
-.....écoute il pleut !"
Et en effet, il pleuvait. De la pluie chaude et douce. Alors le sang tourna dans la mare avant de s'évaporer, comme manger par une pluie gloutonne. Gaïa pleurait à nouveau en silence. Ils nagèrent tant bien que mal jusqu'à la rive. Mais la poupée arrivée à mi chemin suffoqua et ne pu avancer d'avantage. Tale la porta sur son dos. Et l'entendis murmurer quelques paroles.
"Pluie bénéfique, pluie de larmes de joies abat toi sur nous et fait disparaitre toute la tristesse qui fait rage dans le coeur de Tale. Nénuphares, formez un lit afin que nous puissions nous reposer, et floter sur vous.
-Gaïa qu'est ce que tu dis ?
-Tant de tristesse, de drames dans le coeur du garçon qui amène tant de joie dans l'existence des autres et qui leur donne une fin digne d'un conte. Tale où il est Wing ? Je veux, lui parler. Il faut que je lui dise que je l'aime.
-Wing... Je ne sais pas, il faudra demander à Mademoiselle Lullaby, mais je crois que Wing est parti pour...."
Tale n'eut pas le temps d'achever sa phrase. Les nénuphares apparurent du fond de la mare, et la pluie s'abattue encore plus forte qu'auparavant. Il déposa Gaïa qui s'était évanoui après avoir demander Wing. Wing qu'elle continuait dailleurs à appeler dans son sommeil. Tale pleura encore, mais il ne pouvait se laisser gagner par le désespoir maintenant qu'elle était vivante. Il poussa donc le lit de nénuphares jusqu'à la rive. Tira la poupée à terre, et s'effondra auprès d'elle. Après celà, le trou noir. Un bruit de clochette, une odeur de muguet. Et devant ses yeux Nightmare qui souriait de toutes ses dents pleines de sang. Il souriait à une petite fille. Il s'approcha d'elle, l'embrassa. Elle s'effondra à terre, inerte, elle perdit ses couleurs. Il entendit le monstre respirer fortement les cheveux roux de la fillette "Hum, elle sent encore la pluie et sa peau est impréniée de terre. Ma petite je vais te rendre heureuse. Je vais te protéger. Et ces idiots de princes charmants ne pourront rien contre moi !" Il souleva le corps inconscient avec une étonnante facilié. La vue de Tale se brouillait. Il sentit une main sur son front, une tête sur son coeur. Et une voix douce comme un rayon de soleil qui chantonnait un refrain mélancolique.
"Une grenouille qui parle dans une mare, un chat noir qui s'éclaircit la voix, tralalaaaa. La pluie arrive et c'est le cauchemard, pourtant tout est beau et j'attends que tu me reviennes. Je regarde sous l'arbre mais non. Non, non tu n'y es pas. Alors je cours dans ce champ sans fin parsemé de paquerette et je cours jusqu'à épuisement. Tu es loin mais je suis là. Lalalalalaaaaaaaaaahahaha. Un regard pour un avenir heureux, un mot pour le bonheur. Une fin de contes de fées pour deux enfants perdus.Allez Tale, me laisse pas, je vais chercher Wing, je te le promet et quand je l'aurai trouvé je te laisserai l'aimer. Je te le jure alors me laisse pas. Allez réveille toi. Me laisse pas toute seule. " Et Gaïa chantait, encore et encore, comme une prière.

"Tu sais, j'espérai vraiment t'avoir cru quand tu disais qu'un jour on fuirait ensemble. Qu'on partirait loin, que tu m'aimais bien. Allez réveille toi ! S'il te plait. Tale si je te perds j'ai plus rien. T'es mon seul ami ici. Je viens à peine d'arriver et je me suis déjà attachée à cete endroit, à cette vie, à toi. A Wing......Sa voix se brisa en un sanglot de petit fille.Allez Tale reviens, je te lâche pas, je te lâcherai pas. Je vais retrouver Wing, et je le guérirais du mal qui le ronge et comme ça il sera gentil et, et, et je sais que tu l'aimes. Je sais ce que vous avez fait ensemble. Alors, alors je te le laisse, parce que moi, j'ai mon ogre, et j'arrête pas de penser à lui. Tu voies, Wing c'est rien pour moi. Alors reviens, reviens Tale !
-Gaïa ?
-Tale ! Tale ! C'est toi ? Tu te réveilles ? Oh je voies rien, y a plus de lumière comment ça se fait !
-Tu as donc oublié ma voix, à ce point là....
-Nightmare, elle prononça ce nom dans un soupir à peine audible.
-Ma petite Gaïa ! Oh comme je suis désolé d'être parti comme ça. Mais qui est donc ce jeune homme, hein dis moi, ma petite fille ?
-C'est.....c'est......, elle voulu se jeter dans les bras du grand monstre mais une main la retenue. Tale ?
-Ne la touche pas.....sale.....monstre.
-Dis donc t'es bien mal poli mon jeune garçon. Tu ne sais donc pas qui je suis. Et puis, le monstre ici, je crois que c'est toi et pas moi. Je suis de naissance bien plus honnorable que toi.
-Nightmare, non, arrête, il.....il n'est pas bien. Il est très gentil, mais là il est blessé alors laisse le !
-Si c'est ce que tu veux ma belle. Allez viens que je te serre dans mes bras ma petite poupée.....Hum que ton corps est chaud.....trop chaud........ Gaïa ?
-Oui ? Ah....oui, Lullaby m'a dit que, le sang des innocents m'avait rendu un peu, différente, je suis comme vous maintenant je crois...
-Gaïa, na le laisse pas t'approcher. C'est, c'est....tes parents, il les a tué.
-Mais j'ai pas de parents Tale, je suis une poupée, c'est Nightmare qui m'a frabriqué !
-Mais Gaïa je l'ai vu ! Dans tes larmes.
-Ah, Tale ! Le garçon des histoires. Tu connais tout des gens pourvu qu'ils te touchent ou que leurs larmes coulent sur ton corps. Ah ça c'est embêtant j'avais pas prévu que tu lui dirai.
-Quoi ?
-Ma petite tu vas m'en vouloir mais. J'ai tué tes parents, tu ne t'en souviens surement pas, parce que j'ai tout fait pour effecer ça de ta mémoire, mais il fallait que je te protège. Ils t'obligeaient à aller chez l'ogre et quand tu revenais tu étais blessée et ils ne se rendaient pas compte de ta valeur ! Alors, je t'ai recueilli et je t'ai élevé. Et puis tu voies bien, je t'ai confié à Mademoiselle Lullaby pour que tu redeviennes celle que tu es.
-Tu voies Gaïa, je te l'avais dit, c'est qu'un monstre. Moi...Wing.......non....je.........
-Tale laisse moi.
-Tu voies Tale, c'est moi qu'elle aime. Elle est à moi. Il lui effleura les cheveux.
-Ne me touche pas !"
Et elle se liquéfia sur place. Seuls restaient ses vêtements. Tale quand à lui était en proie à de violentes nausées et transpirait toute l'eau que semblait pouvoir contenir son corps. Nightmare contemplait la flaque d'eau au sol. Elle avait l'air appétissante. Mais ce garçon dans le lit..........oui le monstre c'était lui.... Mais ça, la petite ne le savait encore. Car oui, Tale, le garçon des histoires, n'est pas destiné à une fin heureuse, les enfants de monstres, jamais ne finissent heureux.......

1 juil. 2008

Prologue : La maison de poupées

"Gaïa. Petite Gaïa. Petite fille, tu as peur de tout même dans mes bras...
-Oui.
-Pourquoi ?
-Je ne sais pas.
-De quoi tu as peur ?
-De tout, mais ce qui me fait le plus peur c'est Lui.
-Tu croies qu'il y a des bras dans lesquels tu te sentirais rassurée ?
-Oui, j'en sûre. Dans ses bras à Lui, je n'aurai plus peur que d'une chose. Juste une toute petite chose, j'aurai peur de le perdre Lui.
-Mais petite Sarah, il te fais peur non ?
-Oui, mais Lui je l'aime. J'ai peur de Lui parce que je l'aime, et si jamais il me serrait dans ses bras, je serai bien, j'en suis sûre. Aujourd'hui je marche à côté de Lui et quand je lui parle j'essaie de Lui cacher que j'ai peur, j'ai peur de demain, ça s'entend dans ma voie.
-Et Lui ?
-Lui c'est un monstre. Un ogre, mais je veux qu'il me mange, qu'il m'avale tout cru. Je veux faire partie de Lui."

"Petite fille, tu dois grandir.
-Hein ? Mais je ne veux pas moi!
-Mais tu n'as pas choix !
-Pourquoi ?
-Parce qu'il faut que tu te fasses une place dans la vie.
-Mais moi, ma seule place elle est dans les bras de l'ogre !
-Oui mais l'ogre ma petite il va falloir t'en passer. L'ogre est loin de toi et il a plein d'autres enfants qu'ils te préfèrent.
-Et ben je les trouverai et je les tuerai,comme ça j'aurai mon ogre juste pour moi, et puis il me le dira enfin qu'il m'aime...
-Petite fille, les ogres c'est comme les princes charmants et les grenouilles, il faut savoir les laisser partir.
-Mais comment grandir sans les bras de l'ogre ?"
Des discutions comme celles-ci, avec lui, on en avait des tonnes. On aurait pu, si elles avaient été écrites, tapisser les murs d'un palais avec.
"Gaïa ?
-Je veux un ogre.
-Pourquoi?
-Parce que les ogres si ça mangent les enfants c'est pour avoir de l'amour et que les enfants en sont emplis. Je veux me faire manger.
-Mais petite fille tu ne peux pas !
-Ah oui et pourquoi ? Parce que tu fais peur aux ogres avec ta gentillesse et ton amour et ta générosité et ton naturel.
-Mais pourquoi ? C'est que des bonnes choses pourtant non ?
-Oui, mais les ogres, si ils ont trop d'amour etde bonnes choses ils explosent.
-Ah mais ça je veux pas ! Je veux juste être heureuse parce que je le suis pas trop en ce moment.
-Et tu crois que tu serai heureuse si tu te faisais manger par un ogre ?
-Oui, j'en suis certaine.
-Dans ce cas, attends. Un ogre,un jour, viendra te trouver parce qu'il aura su trouver la force de te manger sans en mourir. Un jour, un ogre te verra et il viendra te voir et alors, si lui est capable de ressentir tout l'amour qu'il porte en lui grâce à tous ces enfants, alors il sera capable de te manger, et qui sait de te faire entrer toute entière dans son ventre..."
Et je ne m'arrêtais jamais, je posais des questions sans arrêt, j'allais toujours plus mal, j'avais toujours besoin de sentir qu'on pouvait me manger parce que j'étais appétissante bien que je ne sois qu'une poupée de porcelaine. Je pensais sans cesse à mon ogre, je voulais que ce soit lui qui me fasse bouger, et je désespérai de le voir un jour me dévorer avec son sourire glouton.
"Petite fille, qu'est ce qui ne va pas ?
-Je suis fatiguée. J'ai en ai assez de devoir me retenir en permanence et je croie que j'ai besoin qu'on s'occupe de moi.
-Qu'est ce qui s'est passé ?
-Ben, rien de spécial. En fait, je sais pas, j'aimerai bien que les gens comprennent que c'est pas toujours facile. Que j'ai beau me retenir pour ne pas pleurer devant les autres et que je pleure après, quand je vais dehors et qu'il n'y a personne ou que je vais au toilettes. Même en pleurant toutes les deux heures ça ne va pas.
-Et tu sais pourquoi ?
-Non, je ne sais pas.
-Tu es sure ?
-...
-Dis moi, ma petite, je suis là pour toi.
-C'est la faute de l'ogre.
-Qu'a t'il fait ?
-Oh rien. C'est juste que ma seule amie dans ma classe s'est trouvée son ogre et maintenant j'ai peur qu'elle me laisse toute seule. Et puis j'aimerai bien le trouver mon ogre à moi.
-Mais tu es vraiment triste ?
-D'un côté oui, mais d'un autre côté, je suis tellement heureuse pour elle. Elle est rayonnante, encore plus que d'habitude, j'ai juste besoin qu'on s'occupe de moi en fait. Qu'on me prenne dans ses bras quand ça ne va pas. Qu'on ne me pose pas de questions mais qu'on me laisse parler. Qu'on m'embrasse sans raison sur les joues. N'importe qui, ça je m'en fiche. Et puis je ne suis pas sure de trouver un jour un ogre et ça, ça me déprime.
-Tu voies petite fille, que tout ne va pas si mal que ça. Tu ne peux pas t'empêcher d'être heureuse pour ton amie, c'est que tu as encore du coeur et que tu n'est pas triste au point de devenir méchante. Et puis tu verra petite fille, un jour tu aura un ogre. Et alors tu gravira avec lui les marches menant à l'arc-en-ciel. Et comme il t'aimera vraiment beaucoup, il ne te mangera pas, quitte à mourir de faim. Mais ce qu'il ne sait pas, c'est que tu es une fée, et que ton sourire seul remplira son estomac.
-Je voudrai bien l'espérer, mais tu sais très bien que je ne suis qu'une poupée de porcelaine insignifiante que tu as créer pour passer le temps, comme toutes les autres..."
Et il m'encourageait toujours pourtant, il était toujours derrière moi à me pousser...
"Encore un peu. T'arrête pas. Vas-y. Oui c'est ça. T'y es presque. Encore. Encore."
Tous les jours j'avais droit à l'un de ces petits morceaux de phrases, et celà sans m'encourager vraiment, me donnaient envie de lui plaisir, à lui, mon créateur.
"Et voilà, t'y es, tu vois.... Tu as réussi, ça y est, tu es celle que tu voulais maintenant je crois. Tu es heureuse, tu es fragile et forte à la fois, tu es gamine et mature, tu es belle et transparente, tu es toi et les autres, tu es heureuse et triste, tu es amoureuse et perdue, tu es telle que tu l'as toujours été sans jamais t'en rendre compte. Et maintenant va offrir ton coeur à celui que tu as élu, et ton sourire à chacun. Va répandre la bonheur et la joie autour de toi, va montrer à tous que le bonheur il ne tient qu'à nous de nous rendre compte qu'il est partout.
-Mais je n'ai pas tout ce que je veux. Je ne l'ai pas lui.
-Mais lui jamais ne pourra t'appartenir, jamais lui ne sera tient, jamais lui ne voudra plonger en toi. Lui n'est pas pour toi.
-Alors qui est pour moi ?"
-A toi de le découvrir, le chemin n'est pas achevé, la route ne prend qu'un virage..."
Et puis un jour, il a fallut que tout change, ce jour là j'avais l'impression que la vie artificielle qui devait animer ma carcasse fragile et douce allait s'évanouir.
"-Sois heureuse hein dit. Promet moi que tu seras heureuse, petite fille.
-Je peux pas, je voudrai bien, mais je pourrai pas.
-Pourquoi donc ?
-Tu sera plus là...
-Mais il faut bien que je parte.
-Non, non pars pas, me laisse pas toute seule. -Mais tu n'es pas toute seule petite fille.
-Si je le suis. J'ai toujours pas mon ogre et toi tu t'en vas. Qu'est ce que je vais faire ?
-Tu vas vivre. Tu vas rayer de ta vie tout ce qui te ramène à moi, et à l'ogre.
-Mais, et si je n'y arrive pas.
-Tu y arrivera, ça prendra du temps, mais tu y arrivera je le sais.
-Mais...
-Chut petite fille, maintenant va dormir, demain il te faudra sortir de ta maison de poupée et affronter le monde. Demain te demandera beaucoup de courage.
-Au revoir, monsieur.
-Appelle moi Nightmare je te l'ai déjà dit.
-Au revoir Nightmare et merci pour tout.
-Souviens toi, petite Gaïa, que les drames et les ogres ne sont pas les seuls êtres vivants.
-Qui d'autres peut-il y avoir d'intéressant ? Je ne me suis jamais intéressé qu'aux ogres.
-Vas voir Mademoiselle Lullaby, dans la balancelle de douceur. Elle te dira tout sur les grenouilles et les bulles de bonheurs. Au revoir petite Gaïa.
-Au revoir Nightmare, reviens vite."
Depuis ce jour, plus rien n'a été pareil. Jamais.

29 juin 2008

Parfum marin

"T'es prête ?
-Non.
-T'as peur ?
-C'est normal non ?
-Oui, non. J'en sais rien, moi je n'ai pas peur.
-Arrête tes conneries je sai très bien qu'il t'arrive d'avoir peur mon beau.
-Je t'ai déjà dit de pas m'appeler comme ça ! Oui j'ai peur parfois, mais, pas là.
-Je te comprends pas, tu devrais avoir peur non ? Moi je suis morte de peur, rien qu'à l'idée de....
-Oui, bah je le sens bien que t'as peur, tu me brises le bras avec tes petites mains...
-Oh pardon, je, je suis désolée.
-Eh, reviens là, t'inquiètes pas, ça ira. Tu verra, j'ai l'habitude tu sais. Tu n'es pas la première avec qui je le fais.
-Et, il...
-Combien c'est ça ?
-....
- Je dirai cinq. Mais, tu sais, ça veut rien dire.
- Oui....alors, c'est....c'est comme on dit ?
- Pas à tout à fait, la première fois ça fait surtout très mal. Une douleur sourde dans le bas ventre, un feu quite dévore les lèvres, une chaleur qui t'envahit toute entière...C'est pas aussi beau qu'on le dit, mais la première fois, même si c'est dur, après c'est plus que merveilleux.
- T'es sur de ce que tu fais ?
- Oui, mais si tu veux arrêter on peut, seulement il faut que tu me le dises maintenant, après je ne pourrai plus m'arrêter.
- Non, je veux le faire.
- Mais tu as peur pas vrai ?
- Oui, mais j'ai peur de plein de choses.
- Ah oui ? Vraiment.
Dans un souffle il s'était rapproché d'elle, à présent, il se tenait dans son dos, les mains dans ses cheveux la bouche au creux de son oreille. C'était plus fort que lui, il fallit qu'il soit prêt d'elle, qu'il sente son odeur si proche de celle d'un tapis de feuille en automne, qu'il voit sa peau si pale et éclatante, qu'il entende les trémolos incessants de sa voix qui la rendait encore plus désirable. Sa voix à lui était étonnemment grave et ne tremblait pas, malgré l'émotion dont elle était empreinte.
- Comme quoi ?
- Comme les serpents.
- Ahahah pourtant ils sont gentils....moi ils me fascinent. Et quoi d'autre ?
Son rire cristallin eu sur elle l'effet de l'extasie, et elle se sentie comme emporter par une étrange euphorie mélée d'amertume.
- J'ai peur dans le noir, mais dans tes bras protecteurs aussi.
- Pourquoi ? Jamais je ne te ferai de mal ma belle.
- C'est pas toi qui me fait peur. C'est moi, j'ai peur de plus pouvoir me passer de toi, et de me laisser m'enfermer dans notre petit monde, surtout, après ça...
- Mais justement, le monde autour de nous n'a pas d'importance.
- Et toi alors, de quoi tu as peur hein ?!
Elle était furieuse. Aussi furieuse qu'appeurée à l'idée de la suite des évènements. Elle s'était retournée vivement après que les mots de cet homme élégant lui eurent chatouillé encore une fois l'oreille. Leurs yeus s'affrontaient en silence. Aussi bleus que la mer qui s'étendait à quelques pas d'eux et rejettait doucement quelques vagues qui revenaient aussitôt.
-Moi...
Sa voix tremblait maintenant. Enfin, jamais elle ne l'avai entendu si faible. Etait-ce sa beauté ou sa prestence qui lui avait dissimulé ce pouvoir attractif, elle n'en savait rien. Mais celà lui donnait des frissons, peut-être de peur, surement d'aise, sans doute d'agonie.
- Moi j'ai peur de ne jamais te revoir après ce soir. J'ai peur de te blesser physiquement et moralement.
- Mais je ne t'en voudrai pas.
- ....
Ils se retournèrent, calmes et sereins vers la mer. Elle saisit sa main, il la regarda. Elle était encore plus belle qu'il y a quelques instants, était-ce possible ? Celà lui importait peu désormais. Ses lèvres roses frémirent, puis....
- Je suis prête.
Pour la première fois sa voix ne tremblait pas. Même lorsqu'elle lui avait dit qu'elle l'aimait sa voix avait tremblée, peut être pas de peur mais d'émotions. Et à présent, elle semblait déterminée et sûre de son geste.Lentement, ils marchèrent vers la mer. Et s'enfoncèrent en elle. Les vagues se firent plus fortes, les sons plus amplifiés, la température plus fraiche. Le ciel déjà noir s'obscurcit encore plus. Et la pluie tomba, s'abattant sans vergogne sur la belle, faisant dégouliner son maquillage et onduler ses cheveux. L'homme, lui semblait indiférent à toute cette tempête, ses lèvres murmuraient des paroles inaudible. L'eau leur arrivait au cou à présent, ils ne s'arrêtaient pas. Un dernier regard.Je t'aime.Puis ils plongèrent sous une vague immense qui s'abattit sur eux avec violence. Elle n'avait pas doutée, lui n'avait pas paniqué. Et à présent ils entreprenaient ensemble ce voyage vers un autre monde. Lui avait l'habitude, mais elle, était ébahit. Les boucles blondes qui reposaient sagement sur le doux visage de l'homme se mouvirent comme sous l'effet du vent. Son corps rayonna, sa peau palit à l'extrême et devint éclatante de blancheur. Cet ange n'avait certe pas d'ailes, mais il n'en était pas moins beau...

Parfum de séduction

Je t'aime...
Ces mots m'échappent une dernière fois dans la fureur de la tempête noire de désespoir qui m'entoure.
Mes cheveux volent et s'emmèlent, les branches se prennent au piège de mes boucles foncées.
La tempête cessera un jour peut être, mais pour l'instant elle se déchaine et permet à mon coeur de recracher toute la haine et la colère qu'il retient ; la tristesse me glace le sang comme la pluie gelée sur mes vêtements, bâtus par ce vent froid qu'est mon souffle sacadé. Une lueur folle se déverse hors de mes yeux de plus en plus verrons. Quelqu'un saura t'il trouver cette imperfection charmante ?
Je cours encore et encore, glissant sur le sol humide et trébuchant sur les feuilles mortes, bientôt les cerisiers seront en fleurs, mais je ne serai plus là pour les voir peut être... Et si je suis encore là, je ne les apprécierai jamais autant que j'aurai pu les apprécier à cet instant, où, le coeur battant je me dévoilais à ses yeux d'enfant.

Je t'aime.
Moi pas.
Tant pis.
Salut.
Merci.

A cet instant je me suis sentie plus fière, plus belle et plus idiote que toutes ces actrices de mauvais cinéma américain réunies, et ça m'a plu. Le goût du sang qui se répandait dans ma bouche à force de mettre mordu les lèvres et la langue de peur de la réponse. Et finalement je survivais, pour l'instant je vivais. Je me déchainais, laissais tout être pour moi d'une violente indifférence. Je courrai, je ne pensais même plus à chanter. Je ne m'inquiètais plus des autres. J'étais moi. Démon angélique libéré de sa cage de bonté écoeurante.

Je te retrouverai un jour.

Et dans ma tête, les fantomes de ce passé inexistant dansaient irrésistiblement charmeurs et attirants. Que m'était-il arrivé depuis ce jour joyeux où nous avions joué au ping-pong sous la pluie ? Et depuis cette autre jour où mon rire te faisais tant sourire ? Qu'est ce que je faisais là ? Pourquoi est ce que je lui avais dit tout ça ? Tout ça.....juste ces deux mots qui m'avaient anéantie. Je me relèverai. Tu verra, et je te prouverai que je suis plus forte que ça. Alors n'oublie pas, juste une dernière fois, regarde bien ma silhouette qui s'éloigne tremblante en courant, parce que la prochaine fois, tu lui courra après, tu la rattrapera et tu l'embrassera sauvagement. Oublie moi et tout recommencera.
Cette promesse je te la fait.

Parfum de nouveauté

Bienvenue à tous dans mon nouvel univers.

Pour vous je serai Muffin, accrobate sur un fil de critérium et jongleuse de mots.
Ce blog n'est rien d'autre qu'un essai ici, j'avais envie de créer un monde unique pour écrire mes histoires et me pousser à ne jamais les arrêter, et puisque nous sommes en vacances je me lance.
J'ai des idées plein la caboche mais les actions ne suivent pas toujours. J'écris, mais ce n'est rien de bien fantastique, je voudrai pouvoir dessiner des petites BDs mais celà n'est pas à ma portée : si mes mains savent écrire elles ne savent pas dessiner.
Je vous laisse voir par vous même.

Plongez dans les mots et laissez leur parfum vous envouter.