1 juil. 2008

Prologue : La maison de poupées

"Gaïa. Petite Gaïa. Petite fille, tu as peur de tout même dans mes bras...
-Oui.
-Pourquoi ?
-Je ne sais pas.
-De quoi tu as peur ?
-De tout, mais ce qui me fait le plus peur c'est Lui.
-Tu croies qu'il y a des bras dans lesquels tu te sentirais rassurée ?
-Oui, j'en sûre. Dans ses bras à Lui, je n'aurai plus peur que d'une chose. Juste une toute petite chose, j'aurai peur de le perdre Lui.
-Mais petite Sarah, il te fais peur non ?
-Oui, mais Lui je l'aime. J'ai peur de Lui parce que je l'aime, et si jamais il me serrait dans ses bras, je serai bien, j'en suis sûre. Aujourd'hui je marche à côté de Lui et quand je lui parle j'essaie de Lui cacher que j'ai peur, j'ai peur de demain, ça s'entend dans ma voie.
-Et Lui ?
-Lui c'est un monstre. Un ogre, mais je veux qu'il me mange, qu'il m'avale tout cru. Je veux faire partie de Lui."

"Petite fille, tu dois grandir.
-Hein ? Mais je ne veux pas moi!
-Mais tu n'as pas choix !
-Pourquoi ?
-Parce qu'il faut que tu te fasses une place dans la vie.
-Mais moi, ma seule place elle est dans les bras de l'ogre !
-Oui mais l'ogre ma petite il va falloir t'en passer. L'ogre est loin de toi et il a plein d'autres enfants qu'ils te préfèrent.
-Et ben je les trouverai et je les tuerai,comme ça j'aurai mon ogre juste pour moi, et puis il me le dira enfin qu'il m'aime...
-Petite fille, les ogres c'est comme les princes charmants et les grenouilles, il faut savoir les laisser partir.
-Mais comment grandir sans les bras de l'ogre ?"
Des discutions comme celles-ci, avec lui, on en avait des tonnes. On aurait pu, si elles avaient été écrites, tapisser les murs d'un palais avec.
"Gaïa ?
-Je veux un ogre.
-Pourquoi?
-Parce que les ogres si ça mangent les enfants c'est pour avoir de l'amour et que les enfants en sont emplis. Je veux me faire manger.
-Mais petite fille tu ne peux pas !
-Ah oui et pourquoi ? Parce que tu fais peur aux ogres avec ta gentillesse et ton amour et ta générosité et ton naturel.
-Mais pourquoi ? C'est que des bonnes choses pourtant non ?
-Oui, mais les ogres, si ils ont trop d'amour etde bonnes choses ils explosent.
-Ah mais ça je veux pas ! Je veux juste être heureuse parce que je le suis pas trop en ce moment.
-Et tu crois que tu serai heureuse si tu te faisais manger par un ogre ?
-Oui, j'en suis certaine.
-Dans ce cas, attends. Un ogre,un jour, viendra te trouver parce qu'il aura su trouver la force de te manger sans en mourir. Un jour, un ogre te verra et il viendra te voir et alors, si lui est capable de ressentir tout l'amour qu'il porte en lui grâce à tous ces enfants, alors il sera capable de te manger, et qui sait de te faire entrer toute entière dans son ventre..."
Et je ne m'arrêtais jamais, je posais des questions sans arrêt, j'allais toujours plus mal, j'avais toujours besoin de sentir qu'on pouvait me manger parce que j'étais appétissante bien que je ne sois qu'une poupée de porcelaine. Je pensais sans cesse à mon ogre, je voulais que ce soit lui qui me fasse bouger, et je désespérai de le voir un jour me dévorer avec son sourire glouton.
"Petite fille, qu'est ce qui ne va pas ?
-Je suis fatiguée. J'ai en ai assez de devoir me retenir en permanence et je croie que j'ai besoin qu'on s'occupe de moi.
-Qu'est ce qui s'est passé ?
-Ben, rien de spécial. En fait, je sais pas, j'aimerai bien que les gens comprennent que c'est pas toujours facile. Que j'ai beau me retenir pour ne pas pleurer devant les autres et que je pleure après, quand je vais dehors et qu'il n'y a personne ou que je vais au toilettes. Même en pleurant toutes les deux heures ça ne va pas.
-Et tu sais pourquoi ?
-Non, je ne sais pas.
-Tu es sure ?
-...
-Dis moi, ma petite, je suis là pour toi.
-C'est la faute de l'ogre.
-Qu'a t'il fait ?
-Oh rien. C'est juste que ma seule amie dans ma classe s'est trouvée son ogre et maintenant j'ai peur qu'elle me laisse toute seule. Et puis j'aimerai bien le trouver mon ogre à moi.
-Mais tu es vraiment triste ?
-D'un côté oui, mais d'un autre côté, je suis tellement heureuse pour elle. Elle est rayonnante, encore plus que d'habitude, j'ai juste besoin qu'on s'occupe de moi en fait. Qu'on me prenne dans ses bras quand ça ne va pas. Qu'on ne me pose pas de questions mais qu'on me laisse parler. Qu'on m'embrasse sans raison sur les joues. N'importe qui, ça je m'en fiche. Et puis je ne suis pas sure de trouver un jour un ogre et ça, ça me déprime.
-Tu voies petite fille, que tout ne va pas si mal que ça. Tu ne peux pas t'empêcher d'être heureuse pour ton amie, c'est que tu as encore du coeur et que tu n'est pas triste au point de devenir méchante. Et puis tu verra petite fille, un jour tu aura un ogre. Et alors tu gravira avec lui les marches menant à l'arc-en-ciel. Et comme il t'aimera vraiment beaucoup, il ne te mangera pas, quitte à mourir de faim. Mais ce qu'il ne sait pas, c'est que tu es une fée, et que ton sourire seul remplira son estomac.
-Je voudrai bien l'espérer, mais tu sais très bien que je ne suis qu'une poupée de porcelaine insignifiante que tu as créer pour passer le temps, comme toutes les autres..."
Et il m'encourageait toujours pourtant, il était toujours derrière moi à me pousser...
"Encore un peu. T'arrête pas. Vas-y. Oui c'est ça. T'y es presque. Encore. Encore."
Tous les jours j'avais droit à l'un de ces petits morceaux de phrases, et celà sans m'encourager vraiment, me donnaient envie de lui plaisir, à lui, mon créateur.
"Et voilà, t'y es, tu vois.... Tu as réussi, ça y est, tu es celle que tu voulais maintenant je crois. Tu es heureuse, tu es fragile et forte à la fois, tu es gamine et mature, tu es belle et transparente, tu es toi et les autres, tu es heureuse et triste, tu es amoureuse et perdue, tu es telle que tu l'as toujours été sans jamais t'en rendre compte. Et maintenant va offrir ton coeur à celui que tu as élu, et ton sourire à chacun. Va répandre la bonheur et la joie autour de toi, va montrer à tous que le bonheur il ne tient qu'à nous de nous rendre compte qu'il est partout.
-Mais je n'ai pas tout ce que je veux. Je ne l'ai pas lui.
-Mais lui jamais ne pourra t'appartenir, jamais lui ne sera tient, jamais lui ne voudra plonger en toi. Lui n'est pas pour toi.
-Alors qui est pour moi ?"
-A toi de le découvrir, le chemin n'est pas achevé, la route ne prend qu'un virage..."
Et puis un jour, il a fallut que tout change, ce jour là j'avais l'impression que la vie artificielle qui devait animer ma carcasse fragile et douce allait s'évanouir.
"-Sois heureuse hein dit. Promet moi que tu seras heureuse, petite fille.
-Je peux pas, je voudrai bien, mais je pourrai pas.
-Pourquoi donc ?
-Tu sera plus là...
-Mais il faut bien que je parte.
-Non, non pars pas, me laisse pas toute seule. -Mais tu n'es pas toute seule petite fille.
-Si je le suis. J'ai toujours pas mon ogre et toi tu t'en vas. Qu'est ce que je vais faire ?
-Tu vas vivre. Tu vas rayer de ta vie tout ce qui te ramène à moi, et à l'ogre.
-Mais, et si je n'y arrive pas.
-Tu y arrivera, ça prendra du temps, mais tu y arrivera je le sais.
-Mais...
-Chut petite fille, maintenant va dormir, demain il te faudra sortir de ta maison de poupée et affronter le monde. Demain te demandera beaucoup de courage.
-Au revoir, monsieur.
-Appelle moi Nightmare je te l'ai déjà dit.
-Au revoir Nightmare et merci pour tout.
-Souviens toi, petite Gaïa, que les drames et les ogres ne sont pas les seuls êtres vivants.
-Qui d'autres peut-il y avoir d'intéressant ? Je ne me suis jamais intéressé qu'aux ogres.
-Vas voir Mademoiselle Lullaby, dans la balancelle de douceur. Elle te dira tout sur les grenouilles et les bulles de bonheurs. Au revoir petite Gaïa.
-Au revoir Nightmare, reviens vite."
Depuis ce jour, plus rien n'a été pareil. Jamais.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

oh ma petite Muffin...
tu es plus douée pour l'écriture que moi tu sais ?
tu as plus d'imagination...
Moi, ma source magique s'est tarrie il y a un moment déjà, et je n'écris jamais plus depuis.
Je n'avais pas encore lu ceci, je regrette, cela commence si joliement...
Je ne saurais te dire dans quel état cette lecture m'a mise, mais c'est sur, je suis charmée !